arrow-circle arrow-down-basicarrow-down arrow-left-small arrow-left arrow-right-small arrow-right arrow-up arrow closefacebooklinkedinsearch twittervideo-icon

Hub régional MENA : Faire progresser les stratégies menées par les villes pour prévenir la haine, l’extrémisme violent et la polarisation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord – De l’innovation à la mise en œuvre

Les 14 et 15 mai 2025, le Hub régional du Réseau des villes fortes pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENA) a organisé un atelier sur l’avancement des stratégies dirigées par les villes pour prévenir la haine, l’extrémisme violent et la polarisation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : De l’innovation à la mise en œuvre. L’événement a rassemblé plus de 40 maires, maires adjoints, gouverneurs, praticiens municipaux, fonctionnaires nationaux et organisations de la société civile d’Égypte, d’Irak, de Jordanie, du Liban et du Maroc, ainsi que des représentants du Canada et du Royaume-Uni.

Soutenu par l’Union européenne à travers son initiative STRIVE Cities, l’événement a facilité l’échange de connaissances sur les stratégies municipales pour lutter contre la haine, la polarisation et l’extrémisme violent. S’appuyant sur les trois précédents ateliers et activités de soutien technique du MENA Hub, notamment l’engagement des jeunes au Maroc et le renforcement des réseaux locaux de prévention en Irak, en Jordanie et au Liban, l’événement s’est concentré sur la résilience pilotée localement grâce à l’autonomisation des jeunes, la transformation numérique, la planification urbaine inclusive, la préparation et la réponse aux crises.

Le discours d’ouverture de M. Mohammed Idrissi, premier adjoint au maire de Marrakech (Maroc), a souligné l’engagement de longue date du Maroc en faveur de la paix, de la tolérance et de la lutte contre l’extrémisme, notamment par le biais de l’éducation, de la réforme religieuse, du développement urbain et d’un soutien communautaire ciblé. Eric Rosand, directeur exécutif du Réseau des villes fortes, a souligné la nécessité croissante d’un leadership municipal et d’une collaboration structurée avec les autorités nationales pour relever les défis complexes et évolutifs sur le terrain au Maroc et dans l’ensemble de la région.

Principaux enseignements

  1. Le stress environnemental comme facteur de vulnérabilité: La dégradation de l’environnement, notamment la désertification, la pénurie d’eau et les déplacements induits par le climat, crée des pressions socio-économiques dans les périphéries urbaines. Ces conditions augmentent la vulnérabilité à la criminalité et à la radicalisation vers la violence.
  2. Réseaux locaux de prévention et mécanismes plurilatéraux: Les réseaux de prévention locaux inclusifs et les mécanismes d’alerte précoce peuvent jouer un rôle important dans la détection et la réponse aux menaces émergentes.
  3. Réhabilitation et réintégration (R&R): La réussite de la réintégration des personnes qui reviennent de zones de conflit nécessite une forte coopération nationale-locale. Le soutien psychosocial, l’inclusion économique et les programmes adaptés au contexte, au sexe et à l’âge sont des éléments essentiels d’une réadaptation et d’une réintégration efficaces, et les gouvernements locaux ont un rôle important à jouer dans la mise en œuvre de ces programmes.
  4. L’urbanisme comme outil de prévention : L’aménagement urbain est un mécanisme essentiel pour réduire la fragmentation sociale, protéger les espaces publics et intégrer la cohésion sociale dans l’infrastructure physique.
  5. Engagement des jeunes: L’engagement des jeunes, par le biais des conseils de jeunes, des arts, des programmes civiques et de l’esprit d’entreprise, à la fois comme outil de prévention et comme moyen de favoriser l’appropriation locale, est un élément fondamental d’une prévention efficace et durable.
  6. Résilience numérique: Les municipalités réagissent de plus en plus à la haine, à la désinformation et à la polarisation en ligne par des stratégies locales qui intègrent la technologie, l’éducation aux médias et l’éducation, ainsi que des partenariats multisectoriels.

Menaces, défis et besoins des villes

Les participants ont identifié une série de menaces interconnectées qui continuent à éroder la stabilité, la cohésion et la gouvernance inclusive dans les villes de la région. Il s’agit notamment de la prolifération rapide des méfaits du numérique, du désengagement des jeunes de la vie civique et politique et des lacunes de longue date en matière de planification urbaine inclusive et de prestation de services. Ces défis ne sont pas isolés, mais doivent être compris dans le contexte d’une dynamique régionale et mondiale plus large.

Le manque persistant d’engagement structuré et à long terme avec les jeunes, en particulier ceux issus de communautés marginalisées, a été considéré comme un facteur important de vulnérabilité. Les participants ont souligné que l’exclusion des jeunes, aggravée par des opportunités éducatives et économiques limitées, continue d’alimenter la frustration et la méfiance, ce qui rend les jeunes vulnérables aux récits extrémistes et au recrutement.

Parallèlement, l’expansion rapide des plateformes numériques, en l’absence de cadres réglementaires adéquats ou d’investissements dans la culture numérique, a permis la propagation incontrôlée de la haine, de la désinformation et des contenus polarisants en ligne. Ces menaces numériques sont de plus en plus intégrées dans l’écosystème plus large de la radicalisation, et se traduisent souvent par des conséquences concrètes dans les communautés locales.

Les lacunes en matière d’urbanisme et d’infrastructures de base ont également été mises en évidence comme des facteurs contribuant à la fragmentation sociale. L’accès insuffisant au logement, aux transports et à des espaces publics sûrs exacerbe les inégalités et renforce le sentiment de marginalisation. Les lacunes en matière de planification peuvent intensifier les divisions existantes et saper la confiance des communautés dans les autorités locales.

Les participants ont également souligné que ces vulnérabilités locales sont amplifiées par des crises régionales et mondiales qui se chevauchent, notamment les conflits armés en cours, les mouvements de réfugiés, les déplacements internes, le stress lié au climat et l’instabilité économique. Ces pressions cumulées ont submergé de nombreux gouvernements municipaux, sapant leur capacité à répondre efficacement et renforçant l’attrait des idéologies extrémistes qui sèment la discorde.

Les approches locales-locales et locales-nationales – par le biais de programmes ciblés dans les domaines du sport, des arts et des activités sociales, ainsi que de projets de développement favorisant la création d’emplois – peuvent contribuer à prévenir la marginalisation et à encourager la participation des jeunes dans un monde qui évolue rapidement et est influencé par le numérique.

M. Yawez Mahmood, gouverneur adjoint, Kirkuk (Irak)

Dans l’ensemble, ces menaces complexes et à plusieurs niveaux soulignent le besoin urgent d’approches préventives menées par les villes, axées sur la jeunesse, le renforcement de la résilience numérique, l’investissement dans un développement urbain inclusif et la promotion d’une collaboration nationale-locale solide.

Thèmes clés

Le rôle central des jeunes dans les stratégies de prévention a été renforcé tout au long de l’atelier. Les villes ont présenté des initiatives qui institutionnalisent la voix des jeunes dans la gouvernance, encouragent la participation civique et canalisent l’énergie des jeunes dans des contributions communautaires constructives. En Jordanie, Mohamed Nayef Zawahrah de la ville de Zarqa a présenté l’évolution du réseau local de prévention, qui a été développé avec le soutien de Strong Cities, en un réseau communautaire de prévention qui met l’accent sur l’inclusion des jeunes par le biais de cliniques juridiques, d’échanges d’apprentissage par les pairs et d’une branche dédiée à la jeunesse. Au Liban, un représentant de Tripoli a décrit comment son réseau local de prévention est resté actif malgré les crises nationales en cours, en mettant l’accent sur le leadership des jeunes. Les jeunes ont joué un rôle central dans le maintien de la surveillance des discours de haine, dans l’organisation d’initiatives de dialogue et dans la conduite de réponses communautaires. Ces efforts reflètent l’engagement de la ville à faire des jeunes des acteurs clés de la prévention, même en période d’instabilité.

Fes (Maroc) a présenté son Conseil communal de la jeunesse, créé avec le soutien de Villes fortes. En Irak, Yawez Mahmood, gouverneur adjoint de la ville de Kirkuk, a souligné l’importance d’intégrer les jeunes dans les cadres de gouvernance locale – y compris les sous-comités locaux mandatés dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre l’extrémisme violent – afin de renforcer à la fois la légitimité et l’impact en matière de prévention.

Les participants ont convenu qu’il était essentiel d’impliquer les jeunes dans la prévention menée par les villes et la gouvernance locale pour s’attaquer aux causes profondes de la polarisation, de l’extrémisme violent et des discours de haine. Une participation significative des jeunes favorise un sentiment d’appartenance et de responsabilité civique, tout en offrant un récit alternatif à celui axé sur l’exclusion et les griefs, qui peut conduire à la radicalisation vers la violence. En faisant des jeunes des partenaires actifs de la prévention, les gouvernements locaux peuvent s’assurer que les politiques et initiatives locales sont plus réactives, inclusives et reflètent les diverses réalités de leurs communautés.


Ville de Fès (Royaume du Maroc)

  • Défi : Avec une population de plus d’un million d’habitants, la ville de Fès a été confrontée à des défis croissants liés au désengagement des jeunes de la vie civique et politique. En réponse aux discussions qui ont eu lieu lors de l’atelier du MENA Regional Hub (janvier 2024), la ville a initié la mise en place d’un Conseil communal de la jeunesse. Cette initiative, développée en partenariat avec l’Association marocaine des présidents de conseils communaux (AMPCC) et le Réseau des villes fortes, visait à créer une plateforme structurée pour la participation des jeunes à la gouvernance locale et à la prévention de l’extrémisme violent.

  • Approche : Le processus a commencé par un appel à candidatures ciblant les jeunes résidents âgés de 18 à 40 ans intéressés par les affaires communautaires. L’appel a généré 250 candidatures provenant de toute la ville. Le processus de sélection a donné la priorité à la diversité professionnelle, à l’équilibre entre les sexes et à l’inclusion des jeunes handicapés.

    Ensuite, une série de groupes de discussion et de sessions consultatives ont eu lieu – à la fois en ligne et en personne – pour co-concevoir la structure du conseil. Ces sessions, organisées conjointement par la ville de Fès, l’AMPCC et Strong Cities, ont activement impliqué les jeunes participants tout au long du processus de conception. L’apprentissage par les pairs a également été intégré, d’autres municipalités marocaines partageant les leçons tirées de leurs propres expériences de conseils de jeunes.

  • Impact : En février 2025, le Conseil communal de la jeunesse de Fès a été officiellement créé. Il est composé de 91 membres et d’un président élu. Le conseil joue un rôle consultatif et offre aux jeunes une opportunité structurée de représenter leurs visions et leurs priorités, de proposer des projets et d’apporter des idées scientifiques et pratiques au profit de la ville et de sa population de jeunes. Cette initiative marque une étape importante vers l’institutionnalisation de l’engagement des jeunes et l’avancement de la démocratie participative au niveau local au Maroc.

Les participants ont souligné le rôle essentiel de l’intégration de la sécurité, de l’accessibilité et de l’inclusion dans l’aménagement urbain. Des espaces publics bien conçus, des infrastructures inclusives et un accès équitable aux services ont été identifiés comme des outils essentiels pour réduire la fragmentation sociale et favoriser un sentiment de propriété et d’appartenance partagées au sein de diverses communautés. Les participants ont également souligné la nécessité d’intégrer des mesures de sécurité, y compris des principes de conception environnementale et de planification des interventions d’urgence, dans les processus de développement urbain. Ces mesures renforcent non seulement la protection des zones publiques vulnérables, mais favorisent également l’ouverture, la confiance et l’accessibilité.

Le rôle des villes dans l’organisation d’événements de grande envergure, tels que les compétitions sportives, a également été abordé. Plusieurs villes marocaines se préparant à accueillir des événements majeurs dans les années à venir, les dirigeants municipaux ont souligné l’opportunité d’intégrer des objectifs de cohésion sociale dans les processus de planification urbaine par le biais d’une conception inclusive et de politiques fondées sur les droits de l’homme. De cette manière, le développement urbain peut contribuer à atténuer les risques sécuritaires tout en renforçant la résilience des communautés face aux idéologies qui divisent et à la violence ciblée.

Rashid Mehnah, Le gouverneur adjoint de la ville d’Anbar (Irak) a souligné l’importance de la planification urbaine et de la préparation aux crises en tant que composantes intégrales du relèvement post-conflit. S’appuyant sur l’expérience d’Anbar suite à la dévastation causée par ISIS depuis 2014, il a souligné comment les efforts de reconstruction doivent aller au-delà de la reconstruction physique pour englober la cohésion sociale, la réintégration et la résilience institutionnelle. En réponse à des défis complexes tels que les déplacements à grande échelle et la réintégration des rapatriés, l’Anbar a mis en place un système de réponse à la crise multipartite et dirigé localement. Malgré des ressources limitées et une pression continue sur les infrastructures, l’approche proactive et inclusive d’Anbar montre comment les gouvernements locaux peuvent servir non seulement de premiers intervenants, mais aussi de moteurs d’innovation et de résilience. Mehnah a souligné que les villes doivent être reconnues non seulement comme des victimes de la crise, mais aussi comme des acteurs essentiels dans l’élaboration d’une reprise durable et d’une stabilité à long terme par le biais d’une planification intégrée et d’un engagement communautaire.

La ville de Marrakech (Maroc) a partagé son expérience de première main en matière de gestion de crise à la suite du tremblement de terre dévastateur d’Al Haouz en septembre 2023, offrant des leçons précieuses sur le rôle des villes dans la conduite d’une réponse coordonnée, inclusive et culturellement sensible aux catastrophes et aux efforts de redressement. La réponse de Marrakech a combiné un leadership national décisif avec une gouvernance locale efficace grâce à des cellules de crise municipales, qui ont coordonné l’évaluation des besoins, la logistique et les opérations d’urgence. L’activation rapide des ministères nationaux, des forces de sécurité et des agences de protection civile a été complétée par des mécanismes locaux qui ont permis de répondre rapidement aux besoins des communautés. L’aide financière a été rapidement déboursée par le biais de subventions d’urgence directes et de fonds de reconstruction, et des soins immédiats ont été apportés aux enfants orphelins et aux autres groupes vulnérables. La ville a également fait appel à des capacités spécialisées, notamment des ingénieurs militaires, des équipes médicales, des drones et des hélicoptères, tout en réaffectant des installations publiques telles que des salles de sport pour abriter les populations déplacées. La société civile a joué un rôle crucial, avec des centaines d’ONG mobilisées pour apporter de l’aide, organiser des collectes de sang et renforcer la solidarité communautaire.

Lors de la phase de reconstruction, Marrakech a donné la priorité à la préservation culturelle et à la conception durable. Des directives architecturales ont été élaborées pour protéger les sites patrimoniaux et garantir la réhabilitation respectueuse des infrastructures publiques et religieuses. Une agence de reconstruction spécialisée a coordonné les financements provenant de sources nationales, locales et internationales, permettant ainsi un processus de reconstruction cohérent et efficace. L’expérience de Marrakech souligne le rôle central des villes non seulement dans la réponse aux crises, mais aussi dans la conduite d’une reprise urbaine inclusive et résiliente. Elle montre comment une planification intégrée, une sensibilisation culturelle et des partenariats solides peuvent transformer une réponse à une catastrophe en une opportunité de reconstruction durable et de renforcement de la cohésion sociale.

Abderrahim Zebbakh de la ville de Tanger (Maroc) a parlé de la planification locale qui inclut les besoins et les priorités des communautés marginalisées, des migrants et des personnes handicapées, s’alignant sur le programme plus large de résilience urbaine du Maroc et qui, à son tour, favorise un sentiment d’appartenance et renforce la cohésion sociale.

En période de crise et de post-conflit, j’insiste sur l’importance d’avoir une équipe unifiée au pouvoir dans les gouvernements locaux qui aide à assurer la cohérence des messages et de la coordination, renforçant ainsi l’importance d’une coopération nationale et locale intégrée pour parvenir à un rétablissement durable et prévenir la réapparition de la violence.

M. Rashid Mehnah, gouverneur adjoint, Anbar (Irak)

En outre, les participants ont souligné la nécessité d’améliorer la fourniture de services sociaux, y compris le soutien à la santé mentale, à tous les résidents et, plus fondamentalement, de renforcer les structures de gouvernance locale, étant donné que les disparités dans la fourniture de services, en particulier dans les quartiers urbains sous-développés et les zones rurales, peuvent exacerber les sentiments d’exclusion et de marginalisation. En s’attaquant à ces inégalités et en veillant à ce que toutes les communautés aient accès à des services de qualité, les gouvernements locaux peuvent mieux contribuer à la construction de villes et de communautés résilientes.


Municipalité du Grand Amman (Jordanie)

  • Défi : Amman est confrontée au double défi de gérer une urbanisation rapide tout en maintenant la durabilité et en renforçant la cohésion sociale. La croissance démographique exerce une pression considérable sur les services publics, les infrastructures et les ressources naturelles, contribuant à un développement inégal entre les quartiers et à l’augmentation des fractures socio-économiques. Ces pressions risquent de saper la confiance, l’inclusion et l’accès équitable à la vie urbaine.

  • Approche : Amman est confrontée au double défi de gérer une urbanisation rapide tout en maintenant la durabilité et en renforçant la cohésion sociale. La croissance démographique exerce une pression considérable sur les services publics, les infrastructures et les ressources naturelles, contribuant ainsi à un développement inégal entre les quartiers et à l’augmentation des fractures socio-économiques. Ces pressions risquent de saper la confiance, l’inclusion et l’accès équitable à la vie urbaine.

  • Impact : L’approche de planification d’Amman s’appuie sur des cadres juridiques et institutionnels solides qui soutiennent le développement inclusif et la gouvernance participative. En améliorant l’accès aux services, en renforçant les espaces publics partagés et en s’attaquant de manière proactive aux disparités urbaines, la ville favorise un plus grand sentiment d’appartenance, de connexion et de responsabilité partagée au sein de sa population diversifiée. Ces efforts permettent non seulement d’améliorer la qualité de vie, mais aussi de renforcer la cohésion sociale, pierre angulaire de la résilience urbaine à long terme.

Dans la région MENA, les villes sont de plus en plus en première ligne face aux menaces numériques qui ont des conséquences sociales considérables, de la désinformation et de la haine en ligne à l’érosion de la confiance du public et de la cohésion sociale. Bien que ces défis reflètent des tendances mondiales, les réponses efficaces doivent être ancrées localement, menées par les municipalités en étroite coordination avec les partenaires nationaux et internationaux. Le renforcement de la résilience numérique est donc devenu une priorité essentielle pour de nombreuses villes, englobant des efforts visant à renforcer la culture numérique, à promouvoir la pensée critique et à donner aux jeunes les moyens de résister aux récits préjudiciables. Les participants ont souligné le besoin urgent d’investir dans la surveillance des méfaits en ligne, la lutte contre la désinformation et la promotion de contenus numériques constructifs qui soutiennent des communautés inclusives et cohésives. Les dirigeants municipaux ont convenu qu’une approche proactive et multipartite de la gouvernance numérique est essentielle pour garantir que la technologie serve de pont pour la connexion, et non de catalyseur pour la division.

Laila Bilrha, maire adjointe de la ville de Rabat (Maroc), a présenté le travail de sa ville dans le cadre de l’initiative Rabat, ville lumière , y compris les systèmes de surveillance alimentés par l’IA, les applications d’engagement public comme Mobi4u et Rabat Animation, et l’éducation civique dans les écoles. La stratégie de Rabat met l’accent sur la jeunesse en tant que première ligne de défense contre l’extrémisme numérique, en investissant dans des centres de jeunesse, des campagnes de sensibilisation et des partenariats avec la société civile pour lutter contre la haine en ligne. Les infrastructures culturelles et éducatives ont été renforcées pour favoriser la culture numérique et promouvoir les valeurs de tolérance.

Pour une expérience comparative en dehors de la région, les participants ont découvert les approches de la résilience numérique au Canada, qui offre un modèle convaincant pour lutter contre les préjudices en ligne grâce à une stratégie à plusieurs niveaux qui intègre la législation nationale, les programmes provinciaux et l’action municipale et communautaire. La Foundation for a Path Forward (F4PF) contribue à cet effort en reliant les cadres politiques nationaux à la communauté locale par le biais d’une recherche de pointe, d’une formation de base et d’une collaboration internationale. Tariq Tyab, fondateur de la F4PF, a présenté les actions d’éducation aux médias menées par Toronto (Ontario) et le leadership de London (Ontario) dans la lutte contre l’islamophobie après la crise, comme autant d’exemples de la manière dont les villes peuvent répondre aux menaces numériques. Les initiatives de F4PF, y compris la surveillance de la haine par l’IA, les programmes d’alphabétisation numérique des seniors et l’autonomisation des jeunes en matière de codage et de cybersécurité, renforcent la notion selon laquelle la sécurité numérique commence par des réponses informées, inclusives et dirigées par la communauté.

En Égypte, Reham Salamah , de l’Observatoire d’Al Azhar, a parlé des campagnes menées par l’organisation auprès des jeunes et des étudiants étrangers pour contrer la propagande extrémiste en ligne. De même, Hakima Al Hatri, maire adjoint de Fès (Maroc), a souligné comment la numérisation de la gouvernance locale a renforcé la confiance des citoyens et amélioré l’engagement public.

La haine numérique ne reste pas en ligne, elle se propage dans nos rues

Tareq Tyab, Fondateur, Fondation pour une voie d’avenir

Abderrahim Zebbakh , de la ville de Tanger (Maroc), a présenté son initiative Digital Urban Diwan, qui associe la culture locale à l’innovation technologique pour lutter contre l’utilisation abusive de l’IA et contre la haine numérique. Ces efforts s’inscrivent dans le cadre d’une évolution plus large vers une gouvernance numérique inclusive et axée sur la prévention.


Ville de Rabat (Royaume du Maroc))

  • Défi : Comme de nombreux centres urbains de la région MENA, Rabat est confrontée à des défis croissants liés aux discours de haine en ligne, à la désinformation et à la radicalisation numérique des jeunes. Les jeunes étant à la fois très connectés et particulièrement vulnérables aux récits pernicieux en ligne, la ville a reconnu le besoin urgent de renforcer la résilience numérique par des interventions ciblées et basées sur la communauté.

  • Approche : Rabat a placé la jeunesse au centre de sa stratégie de résilience numérique. La ville a investi dans la modernisation des centres de jeunesse en les dotant d’outils numériques et d’espaces réservés au dialogue, à l’apprentissage et à la créativité. Elle a lancé des ateliers et des campagnes de sensibilisation en cours pour éduquer les jeunes aux risques de la violence en ligne et des discours haineux, tout en encourageant la pensée critique et la responsabilité numérique. Rabat a également signé des accords de coopération avec des organisations de jeunes et de médias afin d’amplifier les messages de tolérance et d’inclusion sur les plateformes numériques.

  • Impact : La ville soutient activement les initiatives locales qui produisent des contenus contre-narratifs et engagent les associations de quartier dans des campagnes de sensibilisation en ligne et hors ligne. Grâce à cette approche multipartite et axée sur les jeunes, Rabat favorise l’émergence d’une génération maîtrisant le numérique et résiliente, capable de défier la haine et de contribuer à un environnement numérique plus cohésif et plus inclusif.

Les participants ont formulé plusieurs recommandations à l’intention des villes, des partenaires et des villes fortes afin de renforcer la prévention locale et de répondre efficacement aux défis posés par la haine, la polarisation et l’extrémisme violent dans la région MENA :

Le centre régional MENA continuera à soutenir la mise en œuvre par le biais d’une assistance technique et d’une coordination régionale. Le cinquième et dernier atelier STRIVE Cities se tiendra au cours du second semestre 2025 afin de réfléchir aux progrès accomplis et de présenter les initiatives et les pratiques réussies.

Pour plus d’informations sur cet événement et sur le Hub régional MENA de Strong Cities, veuillez contacter [email protected].

Le contenu de ce site a été traduit automatiquement à l’aide de WPML. Pour signaler des erreurs, envoyez-nous un email.