arrow-circle arrow-down-basicarrow-down arrow-left-small arrow-left arrow-right-small arrow-right arrow-up arrow closefacebooklinkedinsearch twittervideo-icon

Hub régional MENA : Libérer le potentiel des villes marocaines pour soutenir une approche globale de la société en matière de réhabilitation et de réintégration

Les 12 et 13 juin 2025, le Hub régional Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) du Réseau des villes fortes, en partenariat avec la ville de Tanger (Maroc), a organisé un atelier de deux jours axé sur le rôle des gouvernements locaux marocains dans une approche globale de la société pour la réhabilitation et la réintégration (R&R) des rapatriés des camps de détention du nord-est de la Syrie et des anciens délinquants terroristes dans les communautés locales. L’atelier a réuni des maires, des dirigeants locaux, des parties prenantes nationales, des fonctionnaires municipaux et des praticiens de tout le Maroc, ainsi que des praticiens d’autres villes membres de Strong Cities ayant une expérience en matière de R&R.

Soutenu par l’initiative STRIVE Cities de l’UE, l’événement a fourni une plateforme unique aux participants pour échanger des idées, partager les leçons apprises et identifier les pratiques prometteuses liées au rôle que les gouvernements locaux peuvent jouer dans la R&R au Maroc.

Dans son discours d’ouverture, M. Mounir Lymouri, maire de Tanger (Maroc), a souligné l’importance d’une R&R efficace. Il a souligné la récente signature d’un protocole d’accord entre la ville de Tanger et la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, ainsi que plusieurs autres partenariats que sa ville entretient avec des organisations de la société civile (OSC).

M. Antonio Casado Ortega, conseiller en sécurité et lutte contre le terrorisme à la délégation de l’UE au Maroc, a souligné l’urgence d’un R&R efficace et durable, en particulier compte tenu de l’évolution du contexte en Syrie et de la présence continue de milliers de personnes dans les camps de détention. Il a également noté la forte coopération entre l’UE et le Maroc en matière de sécurité et a souligné le rôle vital du Réseau des villes fortes en tant que plateforme pour le partage d’expériences, le renforcement des capacités et la cocréation d’approches innovantes pour lutter contre l’extrémisme violent et les discours de haine.

M. Zouhair Racheha, Chef du Hub régional Strong Cities MENA Regional HubM. Zouhair Racheha, chef du centre régional des villes fortes de la région MENA, a déclaré que cet atelier marque une étape importante pour combler le fossé entre les politiques nationales et les réalités locales. Il a souligné la nécessité d’un dialogue franc et pratique sur la façon dont les villes marocaines peuvent servir non seulement d’exécutants mais aussi de partenaires stratégiques dans le développement et la mise en œuvre de stratégies de réintégration adaptées aux contextes locaux, aux défis sociaux et aux opportunités sur le terrain.

Le paysage des menaces au Maroc

Alors que la communauté mondiale continue de se débattre avec les répercussions à long terme des conflits en Syrie et en Irak, de nombreux pays, dont le Maroc, sont désormais confrontés au défi complexe de la gestion du retour de leurs ressortissants qui avaient voyagé pour rejoindre l’État islamique (ISIS). Avec les changements politiques en cours, en particulier en Syrie, l’attention internationale se porte à nouveau sur la facilitation du rapatriement de ces personnes, ce qui incite les gouvernements à faire face à une série de dilemmes juridiques, sécuritaires et sociaux.

Ces dernières semaines, les autorités marocaines ont lancé un processus administratif demandant aux familles de remplir des formulaires de rapatriement pour leurs proches détenus dans les camps d’Al-Hol et d’Al-Roj dans le nord-est de la Syrie, des installations qui accueillent actuellement environ 8 000 personnes originaires de 55 pays, dont beaucoup de femmes et d’enfants affiliés à d’anciens combattants de l’ISIS. Au moins 476 ressortissants marocains seraient encore bloqués dans ces camps, dont 103 femmes et 285 enfants.

Pour comprendre l’ampleur et la nature de la menace, le Maroc a créé l’Observatoire national de la criminalité sous l’égide du ministère de la Justice en 2022, reflétant l’engagement croissant du pays à surveiller et à répondre à l’évolution des phénomènes criminels. Sofana Benyahya, responsable de l’Observatoire, a souligné l’évolution de la dynamique du terrorisme dans la région au sens large, des attaques d’inspiration idéologique au Moyen-Orient aux menaces de plus en plus ciblées émanant du Sahel. Elle a souligné que l’approche du Maroc s’étendait au-delà de ses frontières, intégrant une perspective africaine qui donne la priorité au développement régional et à la stabilité transfrontalière.

L’une des caractéristiques notables de la R&R au Maroc est l’application des grâces royales, un mécanisme fondé sur la constitution et appliqué au cas par cas. Ces grâces sont soutenues par le Centre Moussalaha, qui offre une réhabilitation idéologique et un soutien psychosocial sur mesure. Entre 2005 et juin 2025, des grâces royales ont été accordées dans 600 cas liés au terrorisme et à l’extrémisme, dont 257 personnes qui ont suivi le programme Moussalaha. Cela reflète l’approche du Maroc, qui équilibre les impératifs de sécurité avec les dimensions humaines et sociales.

Cependant, comme dans de nombreux pays, les participants ont souligné que ce sont les autorités locales qui assument les responsabilités pratiques de la réintégration, en fournissant des logements, un soutien psychosocial, une éducation et une formation professionnelle, tout en tenant compte des attitudes souvent sceptiques ou résistantes des communautés locales. Malgré leur rôle essentiel, il a été souligné que les municipalités sont souvent mises à l’écart dans les discussions nationales sur la R&R. L’expérience du Maroc, qui se reflète dans de nombreux autres pays, souligne la nécessité d’une approche globale de la société qui engage de manière significative les gouvernements locaux, la société civile et les partenaires internationaux afin de garantir des résultats durables et à long terme en matière de R&R.

Notre réunion d’aujourd’hui sur la réhabilitation et la réintégration des rapatriés reflète notre conscience collective du rôle des villes dans la lutte contre les défis liés à l’extrémisme violent.

M. Mounir Lymouri, maire de la ville de Tanger (Maroc)

État de la R&R au Maroc

Les participants ont discuté des progrès notables réalisés par le Maroc dans le développement d’un cadre institutionnel à plusieurs niveaux pour la R&R, en particulier en réponse au retour des combattants terroristes étrangers et des individus condamnés en vertu de lois liées au terrorisme. Au cours de l’atelier, les participants ont examiné à la fois l’architecture nationale et les interventions locales soutenant les efforts de R&R, révélant un système prometteur mais encore en évolution qui fait face à des défis en matière d’échelle, de coordination et d’appropriation locale.

La Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) a joué un rôle de premier plan dans la gestion des personnes revenant de zones de conflit, en mettant particulièrement l’accent sur les risques sécuritaires et idéologiques posés par l’extrémisme violent.

Depuis 2003, le Maroc est confronté au défi de gérer les individus revenant de zones de conflit, en particulier ceux liés à des groupes extrémistes. Un nombre important de ces personnes ont été poursuivies et incarcérées en vertu de la législation antiterroriste. Si certains restent en détention, d’autres ont été libérés au fil du temps grâce à des procédures judiciaires ou à des grâces royales. Selon Omar Yakhloufi, chef de division à la DGAPR, la majorité des rapatriés partagent des caractéristiques socio-économiques communes. La plupart sont des jeunes hommes issus de milieux marginalisés, caractérisés par un niveau d’éducation limité, des emplois instables et des perspectives de mobilité sociale minimes. Ces personnes ont tendance à venir de manière disproportionnée de régions géographiques spécifiques, notamment Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Casablanca-Settat.

Malgré des indicateurs clairs de vulnérabilité et de marginalisation, les orateurs ont indiqué que la participation à la réadaptation en prison restait faible. Seuls 37% des rapatriés ont participé à des programmes de réinsertion. Ces chiffres soulignent à la fois la nature volontaire de la participation et la nécessité d’étendre la portée et la pertinence de ces interventions, suggérant un besoin de programmes de réadaptation à plus grande échelle, fondés sur des preuves, qui peuvent soutenir la discrétion judiciaire et la réintégration à long terme.

La Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, qui soutient les détenus et leurs familles par le biais d’une assistance juridique, psychosociale et économique, défend une approche plus globale et fondée sur les droits. Fouad Ouali, responsable des affaires spéciales, a indiqué qu’en 2024, plus de 1 000 personnes condamnées pour terrorisme s’étaient inscrites dans des centres de réinsertion à travers le Maroc, dont près de 100 rapatriés. Il est impressionnant de constater que 91 % d’entre eux bénéficient d’un suivi structuré. Le réseau de centres régionaux spécialisés de la Fondation propose des formations professionnelles, des services de santé mentale, une aide à l’emploi et un soutien aux familles, dans le cadre de partenariats avec des ministères, la société civile et des acteurs internationaux.

Les discussions ont mis en évidence la manière dont le programme programme Moussalahainitialement lancé au sein de la DGAPR, a depuis évolué pour devenir un centre national permanent, institutionnalisé en 2023 grâce à une collaboration avec des parties prenantes clés, notamment le ministère de l’économie et des finances, la Ligue Mohammadia des érudits (al Rabita), le Conseil national des droits de l’homme et la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus. Le Centre est devenu la pierre angulaire de la stratégie nationale marocaine de prévention de l’extrémisme violent et jouit d’une reconnaissance internationale croissante.

Khalid El Bacha, directeur adjoint du Centre Moussalaha a expliqué que sa méthodologie holistique repose sur cinq piliers stratégiques :

  1. Réhabilitation idéologique et psychosociale dans les prisons pour prévenir la radicalisation ;
  2. Réintégration après la libération, y compris le financement de projets générateurs de revenus et l’aide aux familles ;
  3. Renforcement de la résilience des communautés, en particulier chez les jeunes et dans les espaces numériques, pour contrer les récits extrémistes ;
  4. la recherche et le développement des connaissances, en mettant l’accent sur l’appropriation locale et l’échange mondial ; et
  5. Coopération internationale par le biais d’engagements multilatéraux, de formations et de visites d’étude.

En mai 2025, les initiatives d’éducation par les pairs avaient formé 244 détenus dans huit institutions, touchant indirectement 6 200 prisonniers, avec un objectif ambitieux de 22 000. Le Centre a également introduit un programme spécialisé pour les détenus de moins de 20 ans et continue d’investir dans le renforcement des capacités du personnel pénitentiaire, reconnaissant qu’il est un acteur de première ligne en matière de prévention et de réinsertion.

Il est important de noter que la DGAPR et la Fondation reconnaissent que la radicalisation et l’incarcération ont un impact non seulement sur les individus, mais aussi sur leurs familles et leurs communautés. Une attention particulière est accordée aux épouses et aux enfants des détenus et des rapatriés, qui sont confrontés à la stigmatisation sociale et aux difficultés économiques. Les femmes bénéficient d’une formation professionnelle ciblée, d’un soutien psychosocial et de soins de santé mentale, tandis que les enfants reçoivent une aide éducative et des possibilités de loisirs et de guérison. Pour l’année scolaire 2024-2025, plus de 360 enfants ont bénéficié d’un soutien scolaire, et des camps d’été ont été organisés pour favoriser l’inclusion, la résilience et la confiance.

Comme l’a mentionné M. El Bacha, une série d’études diagnostiques menées entre 2019 et 2020 a contribué à l’élaboration d’un cadre stratégique national axé sur cinq domaines fondamentaux : la coordination interinstitutionnelle, le renforcement des capacités psychosociales, l’autonomisation économique (en particulier pour les femmes et les jeunes), le soutien structuré après la libération et la sensibilisation de la communauté pour lutter contre l’exclusion et la stigmatisation.

Si ces efforts témoignent d’un engagement politique et institutionnel fort en faveur de la R&R, des défis subsistent, notamment en ce qui concerne l’élargissement de l’accès aux possibilités de réinsertion en détention, la garantie d’un suivi cohérent après la libération et l’intégration complète des municipalités dans la stratégie globale. Les participants ont souligné qu’à mesure que le modèle marocain gagne l’attention internationale, son succès futur dépendra de l’approfondissement de l’appropriation locale, de l’amélioration de la coordination nationale-locale et de l’élargissement des voies de réintégration inclusives et basées sur la communauté.

Le soutien psychosocial et le soutien socio-économique après la libération sont des éléments très importants du processus de réintégration.

M. Fouad Ouali, Fondation Mohammed VI

De la politique à la pratique : Promouvoir l’engagement des villes en matière de R&R

Afin d’explorer les rôles pratiques que les municipalités peuvent jouer dans le R&R des rapatriés, en particulier dans la prestation de services, la prévention, la sensibilisation et le renforcement de la résilience, l’atelier a offert une plateforme pour approfondir les expériences locales et comparatives de la région MENA, ainsi que du Canada, de l’Allemagne et des Pays-Bas. Les études de cas ont mis en évidence l’engagement au niveau de la ville, les lacunes et les défis rencontrés localement et les pratiques prometteuses dont les municipalités marocaines pourraient s’inspirer dans leurs propres efforts.

Hakima Al Hatri, maire adjoint de la ville de Fès ville de FèsHakima Al Hatri, maire adjointe de la ville de Fès, a souligné que la R&R doit être une responsabilité partagée par tous les secteurs de la société. Elle a souligné le rôle de premier plan joué par le Maroc dans la prévention de l’extrémisme violent et la lutte contre le terrorisme, notant que ces efforts ont produit des résultats tangibles et efficaces. Faisant écho aux orateurs précédents, elle a souligné l’importance de la prévention, de la fourniture de services essentiels et du renforcement de la cohésion sociale. Mme Al Hatri a fait remarquer que si les dirigeants locaux ont des mandats clairs pour fournir des infrastructures et des services de base – et sont bien placés pour détecter les premiers signes de radicalisation en raison de leur proximité avec les communautés – ils n’ont souvent pas de mandat officiel pour s’engager dans des efforts de R&R, ce qui limite l’impact de ces derniers. Elle a souligné qu’il était prioritaire de soutenir la réintégration socio-économique des anciens détenus par la formation, l’autonomisation et la coordination des soins après la libération, et a appelé à la mise en place d’un cadre qui permette aux gouvernements locaux de jouer un rôle actif dans ces efforts.

Abderrahim Zebbakh, Conseiller à la Coopération Internationale et à la Communication à la ville de Tanger (Maroc), a fait part de l’expérience de sa ville en matière de promotion de la réinsertion. Il a mis en avant un protocole d’accord signé entre la ville et la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, qui vise à soutenir la réinsertion des individus par le biais d’une approche collaborative et fondée sur les droits. Il a souligné la nécessité de mettre en place des stratégies globales fondées sur la coopération, mettant l’accent sur l’autonomisation, la formation, la création d’emplois et l’accès aux services publics et aux programmes de développement. Un objectif clé, a-t-il noté, est de lutter contre la stigmatisation et de promouvoir l’inclusion, en particulier pour les personnes ayant un passé d’incarcération. La ville de Tanger, a-t-il dit, apporte un soutien financier et logistique aux programmes de réinsertion, soit directement, soit par le biais de partenariats, et veille à ce que les bénéficiaires puissent accéder aux services municipaux. Le Conseil communal de Tanger travaille en étroite collaboration avec la société civile et les acteurs locaux, apportant un soutien psychosocial et culturel par le biais de services de proximité. Un comité conjoint avec la Fondation assure le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre du programme. La ville a également signé des accords avec plusieurs organisations de la société civile pour fournir des services sociaux, éducatifs et de réinsertion aux anciens détenus et à leurs familles, en adoptant une approche holistique et centrée sur la famille.

M. Zebbakh a souligné l’importance de passer des mots à l’action, citant des initiatives telles que le partenariat de la ville avec l’UNESCO sur le Marathon de la lecture, qui a impliqué des membres de la communauté, y compris d’anciens prisonniers et leurs familles, pendant plusieurs jours. Il a également évoqué les forums locaux axés sur l’emploi et l’inclusion sociale, qui s’inscrivent dans la vision plus large de Tanger de devenir une ville inclusive où chaque habitant, quelle que soit son origine, peut participer pleinement et sans être marginalisé. Il a conclu en soulignant l’importance des approches coopératives et participatives qui rassemblent les autorités locales, les ONG et le secteur privé pour faire de la réintégration une responsabilité partagée et une réalité durable.

David O’Brien, directeur de Yorktown Family Services à Toronto (Ontario, Canada) a fait part de son expérience à Toronto, l’un des centres urbains les plus importants et les plus diversifiés d’Amérique du Nord, qui compte 6,4 millions d’habitants. Il a présenté une approche multidimensionnelle de la prévention de l’extrémisme violent, qui comprend l’accompagnement spirituel et religieux, le soutien psychiatrique et thérapeutique, la sensibilisation de la communauté et l’initiation aux médias numériques. Sur la question du retour des combattants terroristes étrangers, M. O’Brien a noté qu’environ 200 Canadiens sont partis pour la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan entre 2013 et 2017, et que le Canada criminalise les voyages effectués dans le but de rejoindre des organisations terroristes. Il a expliqué comment les services de renseignement commencent à se coordonner avec les services sociaux de la ville et les familles jusqu’à 18 mois avant le retour d’un combattant étranger, ce qui laisse le temps d’établir la confiance et de préparer la réintégration. Cette démarche est suivie d’une approche en trois phases : soins immédiats après l’arrivée (1-6 semaines), répondant aux besoins urgents tels que l’alimentation et les documents d’identité ; stabilisation (6-16 semaines), renforçant l’inclusion et le soutien de base ; et une dernière phase axée sur l’intégration à long terme. Il a souligné le rôle des gouvernements locaux dans le renforcement des capacités locales en matière de soins de santé, dans la promotion de la pensée critique et dans le partenariat avec les chefs religieux pour prévenir la radicalisation au niveau de la communauté.

Lisa De Haan, conseillère politique principale à la Ville d’Amsterdam(Pays-Bas), a salué la diversité des parties prenantes engagées dans les efforts de R&R du Maroc. Elle a noté qu’Amsterdam, une ville très diversifiée, est confrontée à un large éventail de menaces provenant de tout le spectre idéologique, y compris l’extrême droite, l’extrême gauche et l’extrémisme religieux. Elle a souligné l’importance de tirer des leçons des expériences passées et a mis en garde contre le fait de se concentrer exclusivement sur ISIS, car de nombreuses menaces émergent aujourd’hui d’autres mouvements extrémistes. Elle a expliqué que les individus revenant de zones de conflit sont immédiatement placés en détention et sont généralement condamnés à des peines de cinq à dix ans. La plupart de ces individus approchent maintenant de la fin de leur peine d’emprisonnement. Amsterdam dispose d’un centre spécialisé pour tous les détenus liés au terrorisme, quelle que soit leur appartenance idéologique. Il est important de noter que les efforts de R&R commencent dès le premier jour d’incarcération, ce qui garantit que la réadaptation est intégrée tout au long de la peine.

Felix Baechelin, conseiller au département de l’intérieur et des sports du Sénat, Ville de Berlin (Allemagne) a expliqué comment Berlin a lancé un projet modèle en 2019 pour soutenir la réintégration des rapatriés de Syrie et d’Irak par le biais d’une approche coordonnée et holistique. M. Baechelin a souligné l’importance cruciale d’un coordinateur central pour gérer la communication entre les diverses parties prenantes, y compris les forces de l’ordre, la société civile, les communautés locales, les institutions publiques et les services de santé mentale. La réintégration est structurée en trois phases : la préparation, le rapatriement et la réintégration. Il a reconnu la complexité de ces efforts, en admettant que la radicalisation est souvent enracinée dans des expériences profondément personnelles et difficiles. Les principaux défis sont la gestion des situations de conflit, l’utilisation d’un langage sensible et la protection des données. Comme bonne pratique, M. Baechelin a souligné la nécessité de travailler non seulement avec les rapatriés eux-mêmes, mais aussi avec leurs familles et leurs réseaux sociaux plus larges, afin de renforcer la résilience et de favoriser une réintégration durable. Ces idées sont développées plus en détail dans la note politique du Réseau des villes fortes, Réhabilitation et réintégration des rapatriés de Syrie et d’Irak : Dix leçons de l’expérience de Berlin pour les gouvernements locauxqui présente des recommandations concrètes pour les municipalités qui s’engagent dans des efforts de R&R.

M. Ali Omer Al Khalaf, gouverneur adjoint du gouvernorat de Ninive (Irak), a décrit l’engagement de la ville dans les efforts de R&R dans ce gouvernorat. Il s’agit de coopérer avec un large éventail de parties prenantes, notamment le gouvernement national, les écoles, les établissements de santé, les forces de l’ordre et la société civile. Il a expliqué que Nineveh a facilité les discussions directes avec les délinquants pour comprendre leurs griefs et leurs besoins, ce qui a contribué à soutenir leur réinsertion dans la société.

Dans ses conclusions, Mustapha Merizak, membre du Conseil national des droits de l’homme, a déclaré Conseil national des droits de l’homme (Maroc), a souligné que l’extrémisme violent et les discours de haine transcendent les frontières géographiques et économiques et doivent être combattus par une sensibilisation accrue du public et une action coordonnée. Il a souligné l’importance des approches axées sur la prévention et les droits de l’homme, notant que la haine et la violence se développent souvent dans des contextes marqués par des violations des droits, le désespoir et un faible engagement civique. Il a également mis l’accent sur la dimension numérique de ces défis, en soulignant comment les chambres d’écho en ligne, la désinformation et les fausses informations alimentent la haine et l’incitation à la violence. Pour contrer ces menaces, il a appelé à des stratégies inclusives et participatives fondées sur les droits de l’homme.

Les participants ont défini une série d’actions prioritaires pour renforcer l’engagement des villes dans les efforts de R&R. Ces recommandations visent à faire le lien entre la politique et la pratique en clarifiant le rôle des municipalités, en renforçant la coordination et en dotant les acteurs locaux des outils et des ressources dont ils ont besoin pour jouer un rôle de premier plan dans cet espace :

Pour plus d’informations sur cet événement et sur le Hub régional MENA de Strong Cities, veuillez contacter [email protected].

Le contenu de ce site a été traduit automatiquement à l’aide de WPML. Pour signaler des erreurs, envoyez-nous un email.