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Réhabilitation et réintégration : Réponses au niveau des villes

Date de publication :
09/03/2020
Type de contenu :
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— 5 minutes temps de lecture

Ci-dessus : Réfugiés dans le camp d’Al-Hawl, Syrie. (Crédit : European Eye on Radicalization)

Auteur : Marta Lopes,
Manager, Réseau des villes fortes


En juillet dernier, nous avons rédigé un article présentant les arguments en faveur du rapatriement des combattants étrangers et de leurs familles de Syrie et d’Irak. Sept mois plus tard, les gouvernements d’Asie centrale et des Balkans qui ont pris la décision de rapatrier activement leurs ressortissants contrastent avec la tendance mondiale prédominante. Outre les défis pratiques liés au rapatriement, cette question divise les gouvernements du monde entier, et a récemment entraîné une scission au sein de la coalition au pouvoir en Norvège. Indépendamment de l’impasse politique, nous devons réfléchir de manière proactive à la manière de relever le défi des rapatriés au niveau local. Au sein du Réseau des villes fortes (RCS), nous voulons essayer de recueillir les points de vue des autorités municipales et de comprendre ce qui s’est passé jusqu’à présent au sein de votre autorité et le soutien dont vous avez besoin. Cela nous aidera à élaborer des réponses stratégiques à ces défis au niveau de la ville.

S’il vous plaît cliquez ici pour répondre à notre enquête et nous faire part de vos commentaires.

Quelle est la situation actuelle ?

Selon les estimations, au moins 1 129 adultes (hommes et femmes) et enfants originaires de 11 pays de l’Union européenne sont toujours détenus en Syrie et en Irak, la majorité d’entre eux venant de France et d’Allemagne (35 % et 23 % respectivement). Malgré quelques cas isolés de rapatriement dans des circonstances très particulières, la majorité des pays continuent d’adopter une approche stricte, certains refusant de rapatrier et/ou retirant leur citoyenneté à ceux qui se sont rendus (de gré ou de force) dans les territoires tenus par l’ISIS.

Néanmoins, certains signes indiquent que certains pays pourraient commencer à adopter une politique de rapatriement plus active, comme la Belgique, qui a annoncé le mois dernier qu’elle ramènerait 42 enfants. Compte tenu de la possibilité imminente qu’un nombre important de rapatriés reviennent en Europe, les villes touchées devront se préparer à soutenir les gouvernements nationaux dans leurs efforts de réhabilitation et de réintégration.

Que peuvent faire les villes ?

Les villes ont un rôle central à jouer dans la réhabilitation et la réintégration des combattants étrangers et de leurs familles, et nombre d’entre elles prennent les devants et démontrent la valeur des approches locales pour relever de tels défis. Au cours des derniers mois, le Réseau des villes fortes (RCS) a soutenu les villes d’Asie centrale et des Balkans occidentaux dans leurs efforts de réhabilitation et de réintégration. Les deux régions sont désormais considérées comme des leaders dans le domaine de la réintégration, le Kazakhstan ouvrant la voie après avoir rapatrié 609 citoyens l’année dernière. Trois thèmes clés semblent être particulièrement pertinents dans ce contexte.

Lors d’un atelier du RCS organisé à Almaty, au Kazakhstan, en décembre 2019, les villes kazakhes ont mis en avant leur approche de la réintégration “à l’échelle de la ville”, grâce à laquelle elles engagent divers acteurs locaux tels que des psychologues, des théologiens et des prestataires de services issus de différents secteurs (éducation, soins de santé, services sociaux et sports), en coopération avec le gouvernement national.

Dans les Balkans occidentaux, les gouvernements et les villes adoptent une approche similaire pour relever ce défi. Le Kosovo, par l’intermédiaire de sa division chargée de la prévention et de la réinsertion, collabore avec diverses parties prenantes, dont les villes, pour renforcer leurs capacités en matière d’efforts de réinsertion. Néanmoins, des difficultés persistent car les familles et les membres de la communauté sont sceptiques à l’égard des rapatriés. Pour atténuer ce phénomène, la société civile locale joue un rôle central, comme l’ont démontré les organisations des Balkans occidentaux et d’Asie centrale, notamment en offrant un espace sûr pour traiter le traumatisme généralisé des rapatriés et aider à faire face aux attitudes craintives de nombreuses communautés à l’égard de leur retour.

Cependant, aucune bonne stratégie de réintégration ne peut exister sans une coordination nationale-locale continue. Par exemple, le gouvernement central britannique collabore avec les autorités locales par l’intermédiaire du Service national de santé pour veiller à ce que des évaluations cohérentes de la santé mentale et du bien-être émotionnel puissent être effectuées au niveau local. Il est essentiel de veiller à ce que les gouvernements centraux soient pleinement informés des besoins locaux, qu’ils puissent contribuer à investir dans la formation essentielle des secteurs de première ligne et qu’ils établissent une coopération entre les acteurs de la sécurité et les acteurs locaux afin de déployer une approche globale de la réhabilitation et de la réintégration.

Différents acteurs se mobilisent pour soutenir ces efforts. Par exemple, l’OSCE a récemment publié un guide à l’intention des décideurs politiques et des praticiens de l’Europe du Sud-Est pour “développer des programmes de réhabilitation et de réinsertion en dehors du milieu carcéral”, qui comprend des conseils à l’intention des autorités locales et des acteurs non gouvernementaux.

Les villes d’Europe occidentale auront besoin d’aide pour relever ce défi, et l’apprentissage auprès de leurs homologues des Balkans occidentaux et d’Asie centrale devrait être une priorité. Le RCS continuera à soutenir ses villes membres autant que possible sur ce front.

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L’OSCE a récemment publié un guide à l’intention des décideurs politiques et des praticiens de l’Europe du Sud-Est afin de développer des programmes de réhabilitation et de réinsertion en dehors du milieu carcéral.

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