Moyen Orient et Afrique du Nord

SCN au Moyen Orient et en Afrique du Nord

Les statistiques récentes montrent que la région MOAN est celle qui a souffert le plus grand nombre d’attentats et de décès qui y sont liés entre 2002 et 2016.[1] Le conflit en Irak et en Syrie a été accompagné d’une montée de la mortalité liée au terrorisme et a aidé à radicaliser et recruter des personnes, à l’intérieur de la région comme à l’extérieur, allées combattre dans les rangs de Daech et d’autres groupes armés. Dans l’ensemble, les conflits, l’instabilité et les fortes migrations fragilisent une région et y font peser une menace sur la paix, la cohésion sociale et la résilience communautaire.

Dans cette région, fréquemment engagée activement dans des programmes de contre-terrorisme et de sécurité avancés, le SCN s’est impliqué aux côté de certains gouvernements et collectivités locales dans un programme de prévention et de résilience.

[1] Institute of Economics and Peace, Global Terrorism Index 2017.

SCN compte
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villes membres à travers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord

Les réseaux de prévention communautaire

Depuis plus de deux ans, le SCN met en place un programme de développement de capacités approfondi au Liban et en Jordanie, axé sur la prévention de l’extrémisme violent (PEV), en créant des réseaux de prévention communautaire (RPC) menés  par  les municipalités. Notre action, soutenue par le ministère des Affaires étrangères du Danemark, a permis d’aider six municipalités dans le développement d’une infrastructure durable sur le terrain et dans la conception, la coordination et la mise en œuvre d’initiatives efficaces, définies sur place et menées par la Ville.

Partis d’un partenariat conclu entre des villes danoises et leurs homologues jordaniennes et libanaises, les premiers échanges ont été consacrés à la promotion des partenariats multi-institutionnels, procédé au cœur de modèles de prévention de villes comme Aarhus, Copenhague et Viborg, et à la meilleure manière de les adapter afin qu’ils répondent au mieux aux besoins locaux de prévention de l’extrémisme violent. Ce travail de sensibilisation, d’adaptation contextuelle de cette approche, basée sur l’identification des intervenants clés, la formation à la PEV et la mise en place d’un mandat de prévention ascendant et participatif, a permis de développer la coopération entre les différentes parties prenantes de manière inédite jusques-là en matière de PEV. Il a permis aussi d’exploiter les infrastructures et les réseaux existants et de rassembler une grande diversité d’intervenants communautaires pour les amener à travailler en partenariat avec les municipalités sur des questions primordiales de PEV.

Dans les municipalités de Zarqa, Karak et Irbid en Jordanie, et de Tripoli, Saïda et Majdal Anjar au Liban, nos RPC comprennent des intervenants locaux, tels que des enseignants, des fonctionnaires, des responsables religieux, des auxiliaires d’aide psychosociale, des représentants d’ONG et la police communautaire, dans le but de renforcer l’implication infranationale dans le travail de PEV et d’assurer l’alignement des initiatives locales aux efforts nationaux. Dans toutes les activités déployées dans le cadre de ces projets, les municipalités se sont efforcées d’adapter l’action de PEV locale à leurs contextes respectifs.

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“Afin de réduire les cas de violence, nous devons nous attaquer aux causes profondes.” Chef scout participant à notre formation PVE à Saida, au Liban.

Les ateliers régionaux

Dans le cadre des activités de développement de compétences du SCN, notre équipe régionale a organisé deux ateliers en 2017 dédiés aux membres des RPC, dans le cadre desquels plus de 90 praticiens ont été formés à la planification d’activités de PEV. Ces formations ont été suivies de séances de réflexion qui ont permis de concevoir ensemble des activités destinées aux communautés locales. Le premier atelier a eu lieu à Beyrouth en juillet 2017 et a rassemblé les membres des RPC des villes jordaniennes et libanaises membres du SCN, mettant à profit leur expérience considérable et leurs compétences variées dans la mise au point d’interventions ciblées.

Dans le second atelier régional, plusieurs séances ont été consacrées à la conception d’un guide de PEV qui permettrait aux membres des RPC d’élaborer leurs propres guides de PEV adaptés au contexte local et à ses problématiques susceptibles de favoriser la montée de l’extrémisme dans leurs villes. Chaque RPC s’est penché sur les facteurs d’attraction et de répulsion présents au sein de leur ville et aux processus de radicalisation liés aux problèmes sociaux et politiques locaux, avant de passer en revue les solutions potentielles s’appuyant sur la communauté dans le cadre du domaine d’action du RPC, et à dresser la liste des partenaires locaux et autres intervenants envisageables. Au Liban, chaque RPC a lancé son propre « Guide local d’action de PEV », qui s’adresse à un large éventail de praticiens et d’intervenants locaux, au cours d’un événement public inauguré par la coordinatrice nationale de la stratégie de PEV et qui a rassemblé les maires, les RPC, ainsi que les partenaires nationaux et internationaux du projet.

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Les activités locales menées par les réseaux de prévention communautaire

Dans le cadre du SCN, les RPC ont conçu et mis en œuvre plusieurs activités au sein de leurs communautés locales. Ces activités visent à sensibiliser le grand public aux dangers de l’extrémisme violent et à permettre aux membres de la communauté de développer les compétences nécessaires en matière de prévention.

 

A l’issue des ateliers de planification et des séances de brainstorming, des priorités différentes  ont été identifiées pour chaque municipalité: les RPC de Saïda, Karak et Majdal Anjar ont estimé que leur priorité serait de cibler les écoliers. Le RPC de Saïda a choisi de miser sur la  formation du personnel scolaire et des chefs scouts dans le déploiement local de ses démarches de PEV. D’autres RPC ont opté pour l’action directe auprès de la jeunesse locale : le RPC de Majdal Anjar a ainsi organisé un camp de PEV de trois jours destiné à former les jeunes syriens et libanais à la cohésion sociale et à la communication non violente, dans le but de renforcer la résistance à la radicalisation. De son côté, le RPC de Tripoli a mis au point une initiative de « PEV par les arts » destinée à 12 jeunes défavorisés, exposés à un conflit prolongé. Le RPC d’Irbid a également recouru à un angle créatif de PEV en mettant en place une activité de théâtre public interactif visant à réfléchir à des solutions collaboratives possibles face à l’extrémisme et à la violence. Tous les RPC ont identifié l’influence d’internet comme une source de risque majeure, notamment pour les jeunes utilisateurs, ce qui a amené le RPC de Zarqa à lancer plusieurs plateformes en ligne visant à encourager les membres de la communauté à discuter des défis de PEV et des solutions envisageables de façon critique.

 

Le personnel académique et les décideurs politiques sont eux aussi des intervenants majeurs avec lesquels les RPC collaborent. A Karak, l’université de Mu’ta a organisé une conférence internationale sur la PEV/LCEV, qui a permis aux RPC d’impliquer plus de 300 participants, dont des chercheurs, des personnalités politiques, des parlementaires et des chefs religieux.

Liban et Jordanie : Contexte

A l’échelle nationale, le gouvernement libanais a créé une unité de PEV chargée de mettre au point une stratégie nationale de PEV, suite au lancement, en janvier 2016, du Plan d’action de prévention de l’extrémisme violent des Nations Unies. Après l’approbation formelle de la stratégie par le Conseil des ministres libanais, l’unité nationale de PEV élabore actuellement un Plan d’action de PEV national dont la mise en œuvre est prévue pour 2019.

Les contextes libanais et jordanien ont été façonnés par un long historique de processus de construction difficile de l’Etat, de remous sociaux, de conflits violents, de corruption, d’ingérence extérieure et d’inégalité sociale. On ne peut se pencher sur aucun des deux contextes sans tenir compte des événements régionaux et des fluctuations qui affectent la région MOAN dans son ensemble. Les problèmes structurels propres à chacun des deux pays vont de pair avec les événements récents survenus dans la région, telle que la vague de soulèvements qui a déferlé sur les pays arabes, l’émergence de Daech en Syrie et en Irak et l’afflux de réfugiés qui l’a suivie.

En août 2017, les forces armées libanaises ont mené une offensive, « la bataille des Jurds », contre les combattants de Daech qui tentaient d’infiltrer les périphéries des villages frontaliers de Ras Baalbek et El-Qaa. Un an plus tôt, El-Qaa avait été la cible d’une série d’attentats suicide dans le cadre des projets d’expansion du groupe extrémiste au Liban. Récemment, en Jordanie, plusieurs zones touristiques ont été ciblées. L’explosion d’un véhicule de la gendarmerie stationné près du festival de Fuheis en 2018 et les attentats perpétrés à plusieurs endroits en 2016 dans les environs de Karak sont autant de rappels tragiques de la précarité de la situation sécuritaire dans la région. Les forces de sécurité des deux pays signalent par ailleurs avoir fait échouer de nombreuses autres tentatives d’attentats.

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